tenlittlebullets: (still not king)
Ten Little Chances to be Free ([personal profile] tenlittlebullets) wrote2007-08-17 02:43 am

Prince Ferdinand-Philippe on the insurrection of 1832

As requested. :D

Context: the prince was off in Marseille quelling legitimist and ultra-royalist uprisings in the south, what he refers to as 'carlism.' And probably a little annoyed at being attacked by the far right and the far left at the same time. The usual caveats apply: quick and shoddy translation, typo-ridden, etc.

The Duke of Orléans to the Marshal Soult

Marseille, 8 June 1832

I ask your pardon, M. le maréchal, to have waited until now to respond to your letter of 1 June, but I have been so occupied and so tired that, in the midst of this torrent of events in which we are living, I have not been able to find a moment to tell you about the result of my voyage, but I hope that the King will have communicated to you the principal facts that I reported in the letters which I addressed to him.

Today, I am entirely absorbed by the new telegraph which reached me yesterday, of the movement which the funeral of General Lamarque1 occasioned in Paris. I cannot stop explaining and interpreting in my mind the obscure brevity of the dispatch, and I cannot tell you how distressed I am not to have been in Paris to fulfil my duty as a citizen, as a soldier, and as the elder son of the King, in these troubles which required my father's intervention; an intervention which my presence would probably have rendered useless. Not only do I await with natural impatience the details which must explain what is still an enigma for me, but I cannot wait to see the consequences unfold of this event which the dispatch qualifies as an insurrection and to learn the measures which the government will take against the troublemakers and the authors of this unrest. These measures must be energetic, the time for consideration is past: it is necessary to present the contrast between the rewards promptly accorded to our defenders, and the severe and rigorous punishments inflicted on the factions. The events in the south, in the west, and in Paris must have opened the eyes of the least perceptive. No one will ask anymore: what is a carlist? As for the republicans, they have rather clearly made their intentions known with regard to us. Let us, then, treat them both as enemies, and to be able more successfully to fight the republicans, to completely isolate them from those men of the movement2 who want Louis-Philippe, let us draw a clear dividing line between the whites and the tricolors, that nobody can doubt our antipathy for carlism. All of the measures which have been taken in this spirit have produced, in the southern regions, the happiest effect; the placing of the western departments in a state of siege has been, here, an object of satisfaction four the patriots and of terror for the carlists. All the impetuosity of the liberal party in Provence stems from the fear, far too widespread, of being abandoned by the government in case of danger and delivered into a Third Restoration which would be a massacre of all the tricolors. If I succeed, as I am striving to do, in persuading the liberals that the King and his government have a common cause with them, and that they will be endorsed and supported, I will have done tangible good. Here, all my discourses have been in this direction and they have produced a beneficial impression; I have also been well received by the national guard, the garrison, and the population. Nevertheless, I believe that the tremor caused by the news of the events in Paris will produce agitation here, and there could well exist some ramifications of a plot; but I am on my guard, I have already taken precautions, and I answer you that if the carlists or the bouzingots3 come to seek a quarrel with me, they will not have an easy time of it. Here, like everywhere, the troops are of the firmest disposition; I have, however, observed on my route a group of regiments which deserve to attract all your attention, because they are, so to speak, ill. These are the regiments recently returned from Africa: the troops are sad and believe themselves to be abandoned and disgraced. On my return, M. le maréchal, I will discuss with you the documents which I have collected on this subject.

And now I will respond to the various points of your letter: first of all, I express my regret at not being able to extend my voyage to Perpignan, and at not being able to place myself at the disposal of Lieutenant-General Soult4 and the prefect of the West Pyrenees. But the troubles in Paris, and the pain I have felt at not being in that city when they broke out, make it impossible for me to prolong my absence from the capital. When I see you again, I will talk to you anew of the reorganization of the Lyon National Guard, which I am quite satisfied that you have envisioned from the same point of view as me.

I hasten to thank you for the interest which you have shown in my three recommendations. They will justify, I am sure, the goodwill which you have shown them.


1 The 5th of June 1832. The insurrection set off by the republican societies lasted until the next day, and the resistance was particularly fierce around the Cloître Saint-Merry.
2 Those of the Orléanists who, like Laffitte or Dupont de l'Eure, thought that the July Revolution was only the beginning, and that it was necessary to renew the tradition of 1789, break the treaties of 1815, and support the oppressed peoples.
3 Young republicans.
4Pierre-Benoît, baron Soult, 1770-1843, brother of the marshal Soult.




Le duc d'Orléans à Soult

Marseille, le 8 juin 1832

Je vous demande pardon, Monsieur le maréchal, d'avoir tardé jusqu'à présent à répondre à votre lettre du 1er juin, mais j'ai été si occupé, si fatigué qu'au milieu de ce torrent d'événements dans lequel nous vivons, je n'ai pu trouver un instant pour vous entretenir de la suite de mon voyage, mais j'espère que le Roi vous aura communiqué les principaux faits que je lui signalais dans les lettres que je lui ai addressées.

Aujourd'hui, je suis entièrement absorbé par la nouvelle télégraphique qui m'est parvenue hier, du mouvement que les funérailles du général Lamarque1 ont occasionné à Paris. Je ne cesse de commenter et d'interpréter dans mon esprit le laconisme obscur de la dépêche, et je m'afflige au-delà de ce que je puis vous dire, de ne point m'être trouvé à Paris pour remplir mon devoir de citoyen, de soldat et de fils aîné du Roi dans ces troubles qui ont nécessité l'intervention de mon père; intervention que ma présence eût probablement rendue inutile. Non seulement j'attends avec une impatience bien naturelle les détails qui doivent m'expliquer ce qui n'est encore qu'une énigme pour moi, mais il me tarde aussi de voir se dérouler les conséquences de cet événement que la dépêche télégraphique qualifie d'insurrection et d'apprendre les mesures que le gouvernement aura prises contre les fauteurs et auteurs de ce trouble. Ces mesures, il faut qu'elles soient énergiques, le temps des ménagements est passé: il faut présenter le contraste des récompenses promptement accordées à nos défenseurs, avec les châtiments sévères et rigoureux infligés aux factions. Les événements du midi, de l'ouest et de Paris doivent avoir ouvert les yeux aux moins clairvoyants. On ne demandera plus: qu'est-ce que c'est qu'un carliste? Quant aux républicains, ils nous ont assez clairement fait voir leurs intentions à notre égard. Traitons donc les uns et les autres en ennemis, et pour pouvoir avec plus de succès combattre les républicains, pour les isoler tout à fait de ces hommes du mouvement2, qui veulent Louis-Philippe, tirons un ligne de démaration bien nette entre les blancs et les tricolores, et que personne ne puisse douter de notre antipathie pour le carlisme. Toutes les mesures qui ont été prises dans cet esprit ont produit dans les contrées du midi le plus heureux effet; la mise en état de siège des départements de l'ouest a été ici un object de satisfaction pour les patriotes et de terreur pour les carlistes. Toute l'exaltation du parti libéral dans la Provence vient de la crainte, trop généralement répandue, d'être en cas de danger abandonné par le gouvernement et livré à une troisième Restauration qui serait ici un massacre de tous les tricolores. Si je parviens, comme je m'efforce de le faire, à persuader aux libéraux que le Roi et son gouvernement font cause commune avec eux, et qu'ils seront appuyés et soutenus, j'aurai fait un bien réel. Ici tous mes discours on été dans ce sens et ils ont produit une salutaire impression; aussi ai-je été for bien accueilli par la garde nationale, la garnison et la population. Néanmoins je crois que la secousse produite par la nouvelle des événements de Paris produira ici de l'agitation et qu'il pourrait bien exister quelques ramifications du complot; mais je suis sur mes gardes, j'ai déjà pris mes précautions, et je vous réponds que si les carlistes ou les bouzingots3 viennent me chercher querelle, ils n'auront pas beau jeu. Ici comme partout, les troupes sont dans les plus fermes dispositions; mais j'ai cependant observé sur ma route une classe de régiments qui mérite d'attirer toute votre attention, parce qu'ils sont pour ainsi dire malades. Ce sont les régiments revenus récemment de l'armée d'Afrique: les corps sont tristes et se croient abandonnés et disgraciés. A mon retour, je vous entretiendrai, Monsieur le maréchal, des documents que j'ai réunis à ce sujet.

Maintenant je vais répondre aux différents points de votre lettre: je vous exprimerai tout d'abord mon regret de ne pouvoir prolonger mon voyage jusqu'à Perpignan, et de ne pouvoir me rendre au désir du lieutenant général Soult4 et du préfet des Pyrénées-Orientales. Mais les troubles de Paris et la douleur que j'ai ressentie de ne pas m'être trouvé dans cette ville lorsqu'ils ont éclaté me rendent impossible tout ce qui prolongerait mon absence de la capitale. Lorsque je vous y reverrai, je vous parlerai de nouveau de la réorganisation de la garde nationale de Lyon, que je suis bien satisfait que vous ayez envisagée sous le même point de vue que moi.

Je m'empresse de vous remercier de l'intérêt que vous avez témoigné à mes trois recommandés. Ils justifieront, j'en suis sûr, la bienveillance que vous leur avez témoignée.

1 Le 5 juin 1832. L'insurrection déclenchée par les sociétés républicains dura jusqu'au lendemain et la résistance fut particulièrement acharnée autour du cloître Saint-Merry.
2 Ceux des orléanists, qui, comme Laffitte ou Dupont de l'Eure, pensaient que la révolution de Juillet n'était qu'un commencement, qu'il fallait renouer avec la tradition de 1789, déchirer les traités de 1815 et soutenir les revindications des peuples opprimés. Louis-Philippe leur confia le gouvernement jusqu'au 13 mars 1831. Il appela alors les chefs du « parti de la résistance ».
3 Les jeunes républicains.
4 Pierre-Benoît, baron Soult, 1770-1843, frère du maréchal Soult.

[identity profile] mhari.livejournal.com 2007-08-17 03:03 pm (UTC)(link)
That's awesome. *g*

[identity profile] brittlesmile.livejournal.com 2007-08-17 04:09 pm (UTC)(link)
How cool! :D Thank you so much for typing this out and translating it.

[identity profile] devils-child7.livejournal.com 2007-08-17 05:45 pm (UTC)(link)
That's really neat!
Thanks. :)